Notre parcours

Le projet MISOLA naît en 1973 à la suite de l’expérience de l’équipe médicale de Frères des Hommes dans le cadre d’un vaste programme de Santé situé à Fada n’Gourma au Burkina-Faso. Ce programme comprend alors la gestion d’un hôpital rural de 200 lits, de 40 dispensaires sur un territoire de 70.000 Km², d’une organisation de Protection Maternelle et Infantile pour le même territoire. L’Association Frères des Hommes et le ministère de la Santé du Burkina, liés par une convention, sont les maîtres d’œuvre de ce programme.

Dès 1974, un centre de nutrition est créé où les mamans des enfants atteints de malnutrition suivent un « stage de formation » pour mieux gérer l’alimentation de leur nourrisson. Dans les causeries éducatives on insiste sur le fait que les bouillies traditionnelles administrées en complément de l’allaitement maternel doivent être enrichies pour correspondre aux besoins nutritionnels de cette tranche d’âge. Parallèlement, des séances sont organisées dans les quartiers pour proposer les mêmes notions.

Au fur et à mesure de l’avancement du programme, on constate que si le message d’enrichissement des bouilles passe bien, cet enrichissement devient de plus en plus pauvre à mesure que le temps passe.

Le facteur principal provocant la malnutrition infantile réside dans l’absence d’une supplémentation adéquate de l’allaitement maternel à partir de l’âge de 6 mois, ceci étant lié à l’absence d’aliments adaptés au sevrage et à un défaut de connaissances chez les mères.

Partant de leurs constatations, une équipe en charge de la pédiatrie à Fada (Burkina Faso) décide dès 1982 d’étudier l’élaboration d’une farine fabriquée à partir de produits agricoles locaux selon des méthodes artisanales qui aurait l’avantage d’être reproductible, d’être indépendante d’importations et de pouvoir être également utilisée comme « recette type » dans les causeries éducatives.

Après bien des essais, le choix se porte sur trois aliments de base : le mil (ou maïs), le soja, et l’arachide, trois cultures locales, utilisées couramment, qui après traitement et transformation donne une farine assimilable digestible et répondant aux normes préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En complément du lait maternel, la formule mil, soja, arachide, devient une solution locale possible à un problème national. Misola devient un aliment de haute valeur protéino-énergétique conçu pour prévenir et traiter la malnutrition, qui entre dans la catégorie des «aliments traités à base de céréales pour nourrissons et enfants en bas âge »

En 1993, le projet s’étend au Mali dans le cadre d’un projet de santé locale à l’initiative du CFSI. Le Comité de Salut Public de Diafarabé voit ainsi la création de la première Unité de Production Artisanale (UPA) au Mali.

L’association Misola France voit le jour en 1995. Le projet continue à s’étendre. En 1999, la fédération du Burkina Faso (ABUM) est créée ainsi que la délégation Mali. Par la suite des projets voient le jour au Tchad, au Sénégal, au Cameroun et au Niger.

Tout au long de ces années, la formule de la farine est sans cesse améliorée avec l’incorporation de CMV (compléments minéro-vitaminiques) et d’amylase. Par ailleurs, le nom MISOLA® devient une marque protégée, la recette étant elle libre de droit.

Actuellement, le réseau Misola s’étend au Burkina Faso (20 UPA), au Mali (18 UPA), au Sénégal (1 UPA), au Niger (3 UPA) et au Bénin (1 UPA). Seules les unités qui ont signé la charte et qui respectent le cahier des charges de fabrication peuvent utiliser le nom Misola® et sont reconnues par l’association Misola.