Le concept Misola : un concept original

Le projet Misola, élaboré par l’association, est un projet de santé publique qui s’appuie sur l’utilisation d’un aliment – une farine enrichie – pour lutter contre la malnutrition infantile. L’objectif de Misola est de contribuer à l’amélioration de l’état nutritionnel des populations, notamment des enfants âgés de 6 à 60 mois et des femmes enceintes et allaitantes en mettant à leur disposition une farine de complément pour satisfaire leurs besoins nutritionnels spécifiques : la farine MISOLA.

La farine MISOLA est préparée avec des produits locaux enrichis de compléments minéro-vitaminiques afin de contribuer à la réduction des taux de malnutrition protéino-énergétique et de certaines carences en micro-nutriments.

En s’inscrivant dans les programmes de lutte contre la malnutrition et de développement des pays, elle offre une alternative originale dans le cadre de la lutte contre la malnutrition.

Misola a développé sa stratégie autour de deux axes complémentaires :

Le premier consiste à promouvoir la fabrication locale de farine labellisée Misola dans un réseau national de petites unités de fabrication (appelées UPA pour Unités de Production Artisanales). Cela implique que les mères puissent consacrer une partie de leur budget à l’achat de cette farine. Cela suppose évidemment des opérations d’éducation, de contrôle qualité, de promotion et de diffusion. Cela permet par ailleurs de répondre aux demandes des organismes nationaux et internationaux dans le cadre de programme de plus grande ampleur. Cette production n’est accessible qu’aux UPA ayant signé la charte d’adhésion Misola.

Le second consiste à apprendre aux mères à préparer elles-mêmes des bouillies à partir d’aliments bruts et à les utiliser en suivant les recommandations transmises dans des messages d’éducation nutritionnelle. Dans notre cas, il ne s’agit pas alors de farine labellisée Misola mais d’un programme d’appui à l’éducation nutritionnelle se basant sur le savoir faire des UPA Misola. Une telle approche touche une partie de la population généralement plus rurale. La production se fait au sein même des foyers ou dans des groupement communautaires. Ce deuxième volet s’élabore avec l’aide de spécialistes en Santé publique et d’autres partenaires.

Le projet Misola offre cette double possibilité : en ce sens, il respecte les besoins spécifiques des populations et s’inscrit dans les politiques nationales de développement.

Pour Misola, l’approche des problèmes de malnutrition ne peut se résumer à la seule fabrication d’une farine de qualité labellisée. C’est pourquoi dans la charte liant les UPA et Misola, les aspects d’éducation nutritionnelle sont inclus. C’est pourquoi, également, dans chacun des projets, le volet de promotion et d’éducation à de meilleures pratiques nutritionnelles tient une place importante. De même, la rédaction de ces projets est toujours à l’initiative des acteurs locaux et nous n’intervenons que comme facilitateurs et soutien à ces initiatives.

Les objectifs du projet Misola sont donc les suivants :

  • Faciliter l’accès à un aliment de complément pour les femmes enceintes et allaitantes et pour les enfants de 6 à 60 mois,
  • Développer une recette s’appuyant sur les productions agricoles locales et ainsi contribuer à la valorisation de la production nationale (mil, soja et arachides),
  • Générer des revenus monétaires pour les femmes par le développement d’unités locales de production de farine de complément,
  • Favoriser le changement de pratiques néfastes en matière d’alimentation et de santé chez les mères et les femmes enceintes en développant une politique d’information autour du produit,
  • Contribuer à la réduction des taux de malnutrition protéino-énergétique,
  • Contribuer à la réduction de certaines carences en micro-nutriments,
  • S’intégrer à l’élaboration d’une stratégie locale et nationale de lutte contre la malnutrition en général et de certaines carences en particulier, en liaison avec les structures locales et les partenaires impliqués,
  • Favoriser l’accroissement du taux de fréquentation des structures de santé par les populations cibles,
  • Renforcer des actions de formation dans les unités autour des domaines de gestion, de production, de distribution et de promotion afin de rendre pérenne l’activité.